Rewind the clocks, the sea is calling
with restless yells of children abiding
the time foaming out in a cry.
In the distance, a voice shivers;
the light touch of clumsy fingers:
I kiss my forefathers goodbye.
I shall leave these hills like a rolling stone,
I shall near the shore, forever unknown,
And watch a generation go by.
samedi 31 octobre 2009
The water keeps us unshaped.
dimanche 18 octobre 2009
The sea is calling.
Only a week to go.
Déjà les vacances se profilent. Plus d'un mois que je suis là, seule, tout près des flots, sans jamais pourtant avoir trempé le bout d'un petit pied frissonant dans l'océan. Je passe tous les jours à côté en voiture. Mais il ne perd pas de son attraction. J'attends le bon moment. Samedi?
En attendant, je fredonne Boys of melody.
Far out at sea
bathed in breeze
Now only ghosts
we haunt living dreams
Out on the coast
the coast is the most
that we'll ever see
Out on the coast
we'll sit and boast
that "it's all we need"
Wade through the sand
and find the romance
that we know we need
Boys of Melody
And they'll follow me
And I'll sing harmony
And with our song
marching along
few feign a frown
or forget their towns
We proceed in stained bed sheets
and hang on our sleeves
that "we're happy"
Sung with a chorus of tones
backed by drums and drones
We march towards the sea
As we reach the edge
I sing a new lament
"the boys are here with me"
Boys of melody
And they'll follow me
And I'll sing harmony
And "it's all we need"
"The boys are here with me"
"We're happy"
samedi 10 octobre 2009
Surtout, ne faites pas comme moi. [Moi et mon amour du paradoxe]
Comment réagir lorsque votre formateur en communication vous répète ô combien il est important de rompre l'immobilité, d'imposer sa voix et son corps, alors que lui-même reste assis à son bureau, la tête cachée derrière l'écran de son pc, et parle d'une voix qui trahit son peu de conviction?
Que dire de son référent qui vous annonce qu'il va venir vous observer et qu'il ne veut pas que vous arriviez les mains vides, avant d'avouer qu'il n'a pas eu le temps de préparer son entretien?
Ai-je le droit de me plaindre?
Pourtant je me forme... J'apprends à serrer les dents, à accepter mon impuissance, à assumer ma part de culpabilité, à me répéter "c'est pas grave", à répondre "oui" là où j'ajouterais un "mais", à dormir peu et mal, à gérer mon stress.
Autonomie...
Dans l’enseignement, il n’est pas rare d’entendre au passage l’expression : « métier impossible ». Tout semble alors être dit : l’échec, le découragement, la désillusion, la souffrance, l’impuissance... Aujourd’hui certains précisent : « ce métier rendu impossible ». On invoque les conditions de l’enseignement : un savoir bradé, des circonstances sociales, des désertions, des refus et la complexité des convictions qui se heurtent. On précise qu’enseigner serait une tâche désormais trop ardue. Les conditions ne sont plus réunies ; malgré le courage et l’envie, les gestes se paralysent et le projet échoue. La défaite serait aujourd’hui programmée, que résumerait ce fulgurant « impossible ». On hésite cependant : cet adjectif scelle-t-il la vérité d’une situation qui bloque toute initiative ou est-il le signe d’un renoncement partiellement illégitime ? L’impossible est aussi ce qui tend toute création, défi posé là pour qu’on le fasse mentir. Se confronter à lui, crée l’occasion d’aller au-delà de ce que l’on croyait être en mesure de réaliser.
Certains ont assuré que précisément le succès d’une éducation résiderait dans le fait qu’elle échoue : celui qui en est l’objet contrecarre le projet forgé pour lui et se retrouve advenir comme sujet dans la différence et la séparation. Et
vice versa : une éducation réussie aux yeux de celui qui l’assure, s’avère un échec au regard de celui qui la subit.
La tension de notre acte vers la construction de l'autre n'a de sens que si l'impossible demeure son horizon.
La bonne distance d'avec notre objet s'avère une lutte constante où alterne un "être dedans" et la nécessité d'un "être dehors". L'objectivité nait ici d'un travail sur notre subjectivité: dévoilement des implicites et des résistances développés vis-à-vis de notre objet ; exposition des préalables à notre recherche et des limites de celles-ci [...].Notre « objet » est un vivant qui évolue, transformé par une culture et des techniques, et nous mêmes sommes inscrits dans une filiation théorique toujours en évolution
lundi 27 juillet 2009
Fin d'après-midi à Ostende.
Mer du Nord, 22/07/09
Le temps est parfait: ciel gris de cendre, vague frémissante.
Et ce silence, bercé par l'eau qui se dérobe en marée basse.
Elle a formé des sillons que je parcours du bout des doigts.
Sur les petites dunes, des oiseaux ont laissé leurs empreintes. Les voilà tantôt à la recherche de nourriture entre les rochers, tantôt déployant lourdement leurs ailes dans le ciel parfumé de sel, comme las.
Je m'allonge sur le sable mouillé, le vent se joue de moi; tout me rappelle à mon insoutenable légèreté.
"Van wat voorbij is, hoor je de slag
in het water en van de spatten
blijft alleen de spot
die het leven drijft.
Het water is weer rustig
Het vergeet zo vlug
zijn rimpels"
Armand Van Assche
mercredi 1 juillet 2009
The Angel of History Lament.
On a souvent une façon très personnelle d'interpréter une chanson, selon l'humeur dans laquelle on se trouvait lors de sa première écoute, selon nos propres bagages.
Lorsque j'ai écouté Let Down, de Radiohead, pour la première fois, je lisais le livre Illuminations de Walter Benjamin, un bouquin qui regroupe la plupart de ses essais . Il y avait tout un chapitre consacré à sa vision de l'histoire, et il utilisait la peinture de Paul Klee, Angelus Novus, pour illustrer son propos.
A Klee painting named Angelus Novus shows an Angel looking as though he is about to move away from something he is fixedly contemplating. His eyes are staring, his mouth is open, his wings are spread. This is how one pictures the Angel of History. His face is turned towards the past. Where we perceive a chain of events, he sees one single catastrophe which keeps piling wreckage upon wreckage and hurls it in front of his feet. The Angel would like to stay, awaken the dead, and make whole what has been smashed. But a storm is blowing from Paradise; it has got caught in his wings with such violence that the angel can no longer close them. This storm irresistibly propels him into the future to which his back is turned, while the pile of debris before him grows skyward. This storm is what we call progress.
Cet essai fut rédigé en 1940. Benjamin cherchait à redéfinir la notion de "progrès" d'un point de vue différent de celui du régime capitaliste en place dont il faisait la critique acharnée. Il s'est suicidé la même année.
Tom Yorke a écrit Let Down aux alentours de 1997.
J'y retrouve un Ange pris au piège de son Histoire, qui ne peut recoller les morceaux d'une humanité brisée sous le poids du progrès, qui ne peut que décrire la catastrophe qui se déroule sous ses yeux. Ok computer.
Plus de cinquante ans après... nous progressons, comme Benjamin le prédisait.
Transport, motorways and tramlines,
starting and then stopping,
taking off and landing,
the emptiest of feelings,
disappointed people, clinging on to bottles,
and when it comes it's so, so, disappointing.
Let down and hanging around,
crushed like a bug in the ground.
Let down and hanging around.
Shell smashed, juices flowing
wings twitch, legs are going,
don't get sentimental, it always ends up drivel.
One day, I'm gonna grow wings,
a chemical reaction,
hysterical and useless
hysterical and
let down and hanging around,
crushed like a bug in the ground.
Let down and hanging around.
Let down,
Let down,
Let down.
You know, you know where you are with,
you know where you are with,
floor collapsing, falling, bouncing back
and one day, I'm gonna grow wings,
a chemical reaction, [You know where you are,]
hysterical and useless [you know where you are,]
hysterical and [you know where you are,]
let down and hanging around,
crushed like a bug in the ground.
Let down and hanging around.
samedi 6 juin 2009
Forget about your house of cards...
Home, ce fameux documentaire à gros budget et plaquage médiatique. La planète a des choses a nous dire. Mais le film commence par un vol, non pas de canards sauvages, mais de marques en tous genres. Il semblerait que les grosses compagnies elles aussi aient un message à faire passer. Ces marques virevoltent à l'écran pour former un joli "HOME". N'est-ce-pas ironique?
Ne vous méprenez pas. J'aime ma planète. J'aime la nature.
J'aime aussi l'homme dans toute son imperfection. L'homme sartrien, celui aux mains sales. Qui peut se vanter d'avoir les mains propres aujourd'hui?
Les images d'Arthus Bertrand sont trop belles pour être vraies.
Pourtant, c'est vrai qu'elle a quelque chose à nous dire, notre terre. Notre histoire.
Elle était de retour, elle était solide, elle était "in", elle n'avait jamais disparu. C'était l'antidote aux nouvelles tensions nées des virus sexuellement transmissibles, au communisme, à la gnole, à la dépendance aux drogues, à l'ennui, au mal de vivre, à la solitude. Musisciens androgynes, prêcheurs fascistes, bouffons noirs, gonflés de muscles, à la chevelure Mohawk et aux chaînes d'or autour du cou, proclamaient que, sans elle, vous étiez foutu. Les philosophes du dimanche disaient que l'Amérique était arrivée au terme de ses années sans racines, et que le noyau familial était la nouvelle circonscription d'un temps ancien, point final.
La famille, c'était le but de toutes vos aspirations, de votre travail, de vos larmes et de vos sacrifices. La famille, c'est ce qui vous faisait rentrer chez vous. La famille, c'est ce qui était vôtre, pendant qu'une raclure, la lie de la terre, errait à travers le pays, dévorée de cauchemars, tuant les gens, et pleurant parce qu'un idiot, reflet miroir de son visage, lui avait proposé une pipe pour un dollar. L'absence de famille, c'était la racine de toutes les douleurs, de tout le mal, de toute mort.
J'ai lu ça aujourd'hui et j'ai fait ce lien incongru. (In Un tueur sur la route de James Ellroy)
Home, famille. Même combat.
La planète se dégrade, la famille s'étiole. Même combat.
Mother earth. Mère nourricière.
Il manque de l'amour; j'ai bien peur qu'aucun film ne puisse raviver de flamme, à l'époque où ceux-ci se consument aussi vite qu'ils se consomment. Combien de temps pour oublier Home? A peu près autant que pour oublier Une vérité qui dérange, probablement. L'écologie, on s'en souciera toujours Le jour d'après.
A moitié victime, à moitié complice, comme tout le monde.
mardi 19 mai 2009
Merci pour le chocolat.
Comme quoi, on ne passe pas que des navets à la télévision.
Je suis tombée par hasard sur Merci pour le chocolat, film de Claude Chabrol tourné en 2000.
Tombée par hasard, et tombée sous le charme. Quel film troublant, intense et dérangeant. Des sensations que seul un instrument tel que le piano pouvait rendre à merveille. En effet, entre deux tasses du fameux breuvage ayant donné son titre au film, c'est le travail de pianistes que le spectateur découvre. Nous voilà plongés dans de fabuleuses mélodies qui seules peuvent exprimer le mal être régnant sur la famille bourgeoise suisse des Polanskis, que l'arrivée de Jeanne Pollet, élève pianiste, va faire éclater.
Le film joue sur ce paradoxe entre la force d'une irrépressible présence de douleur et son caractère indicible, inavouable. En résulte un silence étouffant, une tension permanente que la mise en scène, le jeu des caméras, de l'éclairage, des acteurs, du piano, rendent à merveille.
Mme Polanski, au centre de la polémique soulevée par le film, demeure ainsi un personnage tout aussi énigmatique du début à la fin du film. Un personnage en souffrance, mais pourquoi? La question reste posée, et le film s'achève sur ces mêmes notes inlassablement jouées au piano par un mari qui s'est découvert trahi, alors que la coupable se recroqueville en position fœtale pour laisser échapper quelques larmes au creux de son être. Une mélodie de détresse qui hante un spectateur hypnotisé par cette histoire. De quoi demander à revoir le film.
Il ne s'agit pas seulement pour Chabrol de critiquer la froideur, le cloisonnement constituant la société bourgeoise, mais bien de soulever un débat plus profond, plus universel, sur l'existence et ce phénomène étrange de déchirement que certains existentialistes ont appelé "angoisse" et qui empêche les personnages de dormir. En effet, rien de tel qu'une société bourgeoise, en proie au désœuvrement dans un monde où ses choix semblent peut importer, où elle doit lutter pour exister, pour aborder crument ce thème.
"Je ne peux même pas demander à vivre."
"J'ai une vraie puissance dans la tête."